Pendant que de nombreux clubs européens empruntent lourdement pour recruter, l'Athletic Club de Bilbao fait l'inverse depuis sa fondation : le club ne fait jouer que des joueurs nés ou formés au Pays basque, la fameuse politique de la « cantera ». Ce choix limite volontairement le vivier de recrutement : mais il a construit l'un des modèles économiques les plus sains du football européen.
Le centre de formation de Lezama produit régulièrement des joueurs de niveau international. Plusieurs d'entre eux, comme Javi Martínez, Aymeric Laporte ou le gardien Kepa Arrizabalaga : devenu un temps le gardien le plus cher de l'histoire lors de son transfert : ont été vendus pour des sommes importantes, intégralement réinvesties dans les infrastructures et la formation plutôt que dans des salaires ou des commissions d'agents.
Résultat : l'Athletic Bilbao fait partie des trois seuls clubs, aux côtés du Real Madrid et du FC Barcelone, à n'avoir jamais été relégué de l'élite espagnole depuis la professionnalisation du championnat. Et contrairement à une large partie du football espagnol : dont la dette fiscale cumulée dépassait plusieurs centaines de millions d'euros au début des années 2010 : le club reste financièrement sain, sans dette.
Ce qu'il faut en retenir
- Une politique de recrutement disciplinée peut remplacer la puissance financière
- Former plutôt qu'acheter : une stratégie financière autant que sportive
- La constance du modèle de gouvernance, dans le temps, est elle-même un actif
