Après les Jeux de Rio en 2016, le nageur américain Ryan Lochte raconte avoir été braqué à Rio de Janeiro. L'enquête brésilienne contredit son récit. En quelques jours, Speedo USA, Ralph Lauren, le fabricant de matelas Airweave et une marque d'esthétique mettent fin à leurs contrats.
Le montant exact de ces contrats n'a pas été rendu public, mais la presse spécialisée l'a estimé à plusieurs centaines de milliers de dollars par an : c'est-à-dire l'essentiel du revenu d'un nageur, discipline où les primes de compétition sont faibles et où le sponsoring fait le salaire.
Le point à retenir n'est pas moral, il est contractuel. Presque tous les contrats de sponsoring comportent une clause de moralité (morality clause) qui autorise la marque à résilier en cas d'atteinte à sa réputation, sans indemnité et souvent sans préavis. Cette clause est négociable : son périmètre, sa durée, le préavis, l'existence d'une indemnité de sortie. Encore faut-il l'avoir lue avant de signer.
Ce qu'il faut en retenir
- En sport individuel, le sponsoring est le salaire : sa fragilité est celle du revenu tout entier
- La clause de moralité est le point du contrat le plus rarement lu et le plus rarement négocié
- Un revenu concentré sur quatre payeurs qui peuvent partir en même temps demande une réserve de trésorerie proportionnée
