Earvin « Magic » Johnson met fin à sa carrière NBA en 1991. Plutôt que de se contenter des revenus de ses années aux Lakers, il fonde dès 1987 Magic Johnson Enterprises, une structure destinée à gérer et développer ses investissements. Sa méthode se distingue rapidement : plutôt que de prêter simplement son nom à des marques, il recherche des participations réelles dans les entreprises où il investit.
En 1998, il s'associe avec Starbucks pour ouvrir des dizaines de cafés dans des quartiers urbains historiquement délaissés par les grandes enseignes : jusqu'à posséder 125 franchises, faisant de lui le plus grand franchisé individuel de l'histoire de la marque. Il revend cette participation en 2010 pour environ 100 millions de dollars. La même logique se répète avec une participation de 5 % dans les Lakers achetée en 1994 pour 10 millions de dollars et revendue en 2010 aux alentours de 50 à 60 millions.
Ces deux sorties financent en 2012 son entrée dans le groupe d'investisseurs qui rachète les Los Angeles Dodgers pour 2 milliards de dollars : un record à l'époque pour une franchise sportive nord-américaine. Sa mise personnelle avoisine 50 millions de dollars ; la franchise est aujourd'hui valorisée à plus de 5 milliards. Il diversifie ensuite vers l'assurance (prise de contrôle à 60 % d'EquiTrust en 2015, aujourd'hui plus de 25 milliards de dollars d'actifs sous gestion) et d'autres franchises sportives (Sparks en WNBA, LAFC en MLS, Washington Commanders en NFL). En 2022, Forbes le classe parmi les rares athlètes milliardaires.
Ce qu'il faut en retenir
- Réinvestir méthodiquement le produit de chaque sortie réussie dans le pari suivant, plutôt que de le consommer, démultiplie les gains sur la durée
- Rechercher une participation réelle et une implication opérationnelle, plutôt qu'un simple contrat d'image, change fondamentalement la nature du gain potentiel
- La diversification sectorielle (café, sport, assurance, immobilier) réduit la dépendance à un seul secteur économique
