À l'été 2024, Kylian Mbappé quitte le Paris Saint-Germain en fin de contrat pour rejoindre le Real Madrid, sans indemnité de transfert pour son club formateur. Ce départ libre déclenche un conflit sur des salaires et primes que le joueur estime lui être dus pour ses derniers mois sous contrat parisien : une créance initialement chiffrée à 55 millions d'euros.
Le PSG refuse de payer, invoquant un « gentlemen's agreement » : un accord informel, non écrit selon les avocats de Mbappé : conclu en août 2023, par lequel le joueur aurait accepté une réduction de rémunération en cas de départ libre, afin de protéger la stabilité financière du club. Mbappé conteste l'existence même de cet accord. Le désaccord s'envenime : ses avocats finissent par réclamer plus de 260 millions d'euros (salaires, licenciement jugé abusif, préjudice moral), tandis que le PSG contre-attaque en réclamant 440 millions d'euros de dommages pour la perte d'une indemnité de transfert.
En décembre 2025, après plus d'un an de procédure devant le conseil de prud'hommes de Paris, la justice tranche partiellement en faveur de Mbappé : le PSG est condamné à lui verser environ 61 millions d'euros : un montant proche de sa demande initiale, mais très inférieur aux 260 millions réclamés après l'escalade du conflit. Les demandes liées au harcèlement moral et au travail dissimulé sont, elles, rejetées. La décision reste susceptible d'appel.
Ce qu'il faut en retenir
- Un accord oral sur des sommes de cette ampleur, même entre professionnels aguerris, ouvre la voie à des mois : voire des années : de contentieux coûteux et incertains
- Toute modification substantielle d'un contrat (rémunération, conditions de départ) devrait systématiquement faire l'objet d'un avenant écrit et signé par les deux parties
- Un désaccord initial raisonnable (55 M€) peut dégénérer en conflit disproportionné (260 M€ contre 440 M€) une fois que la confiance entre les parties est rompue
