En 2008, Portsmouth FC soulève la FA Cup, son premier grand trophée depuis les années 1950. Moins de deux ans plus tard, en février 2010, le club devient le tout premier de l'histoire de la Premier League à être placé en administration judiciaire : une procédure de sauvegarde des créanciers en cas d'insolvabilité.
Entre ces deux dates, le club change quatre fois de propriétaire au cours d'une seule saison, chacun peinant davantage que le précédent à financer la masse salariale et à rembourser les emprunts contractés pour financer les ambitions sportives des saisons précédentes. Les salaires ne sont plus versés à temps dès l'automne 2009. Le rapport de l'administrateur judiciaire évaluera finalement la dette totale du club entre 100 et 135 millions de livres sterling.
Conséquence sportive immédiate : neuf points de pénalité automatiques et relégation hors de l'élite. Le club évitera de justesse la disparition pure et simple grâce, en 2013, au rachat par un fonds constitué par ses propres supporters : un dénouement rare, qui souligne à quel point la situation avait été critique.
Ce qu'il faut en retenir
- Un succès sportif financé par la dette reste fragile s'il ne repose pas sur des revenus durables
- Des changements de propriétaire fréquents sont eux-mêmes un facteur de risque financier
- Les mécanismes de pénalité existent précisément parce que des clubs dépensent au-delà de leurs moyens pour viser des résultats à court terme
